Lundi 8 décembre :
Nous marchons jusqu’au glacier Grey. Sur le lac, des ice-berg bleus détachés du glacier flottent à la dérive.
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Lundi 8 décembre :
Nous marchons jusqu’au glacier Grey. Sur le lac, des ice-berg bleus détachés du glacier flottent à la dérive.
Dimanche 7 décembre :
Nous marchons dans la vallée du francés, une vallée boisée entourée de hautes montagnes majestueuses. L’anecdote du jour : en quète d’un repas un peu consistant, on invente le menu du
trappeur affamé et dépossédé de tout produit frais : riz au sel, riz au sucre.
Samedi 6 décembre :
Réveillées par le galop des chevaux qui passent à côté de la tente, on se met en route vers 9h. Seules, on traverse une vallée colorée d’arbustes rouges et entourées de hautes montagnes avec des
lacs turquoises et camaïeux. Plus tard, sur la route, on croise la famille Delajungle, le couple de lesbienne hollandaise nudiste (en fait tchèque et hétéro, c’est pas drôle), et notre
"copine américaine" qui est épuisée. A partir du col, le vent souffle en rafales et nous déséquilibre. La technique ? Faire le crabe. S’accroupir et s’immobiliser par moment. Se lever et
marcher dos courbé, pattes écartées, en pinçant les buissons et les racines.
Arrivées au camping ce soir là, gavées d’abricots secs, on se fait notre popote, on se lave les dents dans le torrent et au lit.
Vendredi 5 décembre : Jour J. A 7h30, nous prenons le bus pour le Parc. Après avoir monté notre tente toute seule comme des grandes, nos chaussures
cramponnées au pied,nous partons pour la première étape de notre circuit : l'ascension à las Torres. On marche 9 heures durant cette première journée, et on croise quelques touristes gringos
et européens. La dernière heure de marche jusqu’au mirador est un peu ardue. Il faut grimper de pierre en pierre et Lulu me sème, fidèle à son habitude d’accélérer quand elle aperçoit le sommet.
Le temps est couvert et cette partie du circuit est fréquenté, c’est pourquoi cette première journée est un peu décevante… Le reste du trek relèvera largement le niveau. En attendant le jour
nouveau que sera demain, on mange nos haricots de cow-boy cuisinés sur notre réchaud, pour le trip.
Jeudi 4 décembre : Après un petit déjeuner génialissime, nous voilà de nouveau sur la route en direction de Puerto Natales. Le désert aperçu de l’avion est en fait constitué des landes sauvages et pleines de broussailles qui s’étendent à perte de vue. On y croise des troupeaux de moutons, des lamas, des nandus (un genre d’Autriche naine du coin) et des flamants roses qui se mouillent les pattes dans des lagunes peu profondes. Des nuages noires surplombent cette terre qui transpire la solitude. C'est exactement le genre d’endroit où l’on pourrait rencontrer l’infâme Heathcliff...
Vers 12h, on est à Puerto Natales, village plutot charmant. La mer côtoie les montagnes, les rues sont pastels, le vent et les nuages sombres nous font
comprendre qu’on est pas loin du bout du monde. On passe cette après-midi à trouver du matériel de camping, un hôtel, un bus pour accéder au parc puis on se balade sur les rivages, où l'on goûte
pour la première fois le vent patagon.
Mercredi 3 décembre : En attendant notre avion pour la Patagonie du Sud, on flâne sur le port de Puerto Montt. A 15h50, l’avion décolle.
Vu du ciel, la paysage patagon est une succession de haut pics enneigés, de fjords et d’îles. Nous survolons le Chaiten, volcan entré en éruption l'année dernière. Des
fumerolles sortent du cratére, la lave rougissante s’accumule au sommet et les montagnes des alentours sont recouvertes d’une couche de cendre.
Plus on va vers le sud, plus le paysage se mue en terres désertiques. On arrive à Punta Arenas. Deux empanadas savourées du haut d’un mirador où l’on
aperçoit les toits colorés de la ville dans la lumière du coucher du soleil, et au dodo.
Mardi 2 décembre : Des sacs-à-dos beaucoup trop lourds et l’enthousiasme des grands jours. Armés de nos coupe-vent flambant neufs, réserve de survie
et fruits secs en poche, nous nous destinons à la Patagonie... et plus précisément à un trek dans le parc Torres del Paine prés de Punta Arenas, au sud du sud. A 23h, le premier bus d’une
série toujours longue nous emmène à Puerto Montt.
Chiloé est une terre de secrets et de légendes. On y parle d'un bateau fantôme nommé le Caleuche, d'un gnome vert qui viole les jeunes vierges dans leur sommeil, de sorciers, de crabes d'argent portant en leur sein des enfants et de toutes sortes d'autres bêtes étranges... La mer est brumeuse et les secrets sont partouts.
Par exemple dans la gastronomie.
On a gouté les roscas chinchonas, des galettes pas exceptionnelles mais dont la recette est jalousement gardée. On a bu de la licor de oro. Selon le Lonely Planet, la liqueur contient les ingrédients suivants : 1L de lait, 1L d'alcool, 1,5 Kg de sucre, 8 clous de girofles, 2 citrons coupés, 1 cuillère à café de safran, 2 ou 3 amandes amères, 2 gousses de vanille et 1 pincée de cannelle. Selon Marco, la vanille n'est pas un produit du coin et personne ne sait vraiment ce qui compose la liqueur. Selon moi, c'est sucré.
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Pour finir, nous avons gouté le curranto au Don Octavio (en photo). Ce plat est composé de moules, coquillages, porc fumé, saucisse, poulet, pommes de terre, milcao et chapalele (deux galettes faites à base de pomme de terre parfois fourrées au porc). C'est trés bon mais lourd. J'imagine qu'il fallait au moins ça aux marins pour résister au froid...
Le temps est imprévisible. On passe en une seule heure d'un soleil de plomb à des trombes d'eau. Le père de
Marco nous fait office de Miss Météo en étudiant la direction du vent, "Norte claro, sur oscuro, agua cerro seguro".
La couleur de la mer varie au fil des changements de temps passant du vert translucide au gris d'acier, du mauve de conte de fée au bleu d'outremer.
Ci-dessous : coucher du soleil vu du ferry au retour et port de Chonchi
Cet
endroit est paisible et paraît hors du temps. On s'y sent bien.
Pendant quatre jours, nous n'avons fait que nous balader de petit village en petit village, de baie en baie et de port en port. Regarder les crabes sous les rochers, marcher au bord de l'eau et s'arrêter à l'église... Elles sont toutes en bois, surmontées d'une tour où se repose parfois un corbeau de mer et classées patrimoine de l'humanité. Sur les photos, les églises d'Achao et de Chonchi.